Tendances de la semaine
La semaine du 27 août au 3 septembre 2025 révèle une transition énergétique mondiale confrontée à des tensions géopolitiques croissantes. Les prix du pétrole restent volatils autour de 69 $/baril pour le Brent, soutenus par les sanctions américaines contre l’Iran mais pressés par l’augmentation de production de l’OPEC+. Parallèlement, les investissements dans les renouvelables atteignent des niveaux records avec 386 milliards de dollars au premier semestre 2025, tandis que les infrastructures de stockage d’énergie britanniques ajoutent 427 MW en août. Cette dynamique illustre une reconfiguration énergétique où géopolitique et transition climatique s’entremêlent.
Actualités
1. L’OPEC+ augmente sa production de 547 000 barils/jour pour septembre
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés ont décidé d’accroître leur production pétrolière de 547 000 barils par jour à partir de septembre 2025, marquant une inversion complète des coupes précédentes.
Analyse — Cette décision stratégique de l’OPEC+ témoigne d’un équilibrage délicat entre la préservation des parts de marché face à l’augmentation de la production non-OPEC (États-Unis, Brésil, Canada) et le risque de création d’un surplus mondial qui déstabiliserait les prix. La réunion du 7 septembre sera cruciale pour déterminer la suite de cette stratégie.
En bref — L’OPEC+ inverse sa politique de restriction pour contrer la montée de la production concurrente.
2. Les investissements dans les énergies renouvelables atteignent un record de 386 milliards de dollars
Le premier semestre 2025 établit un nouveau record avec 386 milliards de dollars investis dans les projets d’énergies renouvelables, soit une hausse de 10% par rapport à l’année précédente.
Analyse — Cette croissance est portée par l’éolien offshore (39 milliards $) et le solaire distribué, tandis que les investissements dans le solaire et l’éolien à grande échelle diminuent de 13%. Cette réorientation traduit une réduction des risques privilégiant des projets plus petits et plus flexibles face aux incertitudes réglementaires.
En bref — Les investisseurs privilégient désormais les projets renouvelables de petite taille pour réduire les risques.
3. Le prix du Brent chute sous les 69 $/baril malgré les tensions géopolitiques
Le pétrole Brent a clôturé à 68,99 $/baril le 3 septembre, en baisse de 5,10% par rapport à l’année précédente, malgré les sanctions américaines contre l’Iran et les attaques ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques russes.
Analyse — Cette baisse paradoxale s’explique par l’anticipation d’un surplus mondial suite à l’augmentation de production de l’OPEC+ et la fin de la saison de conduite estivale américaine. Les facteurs géopolitiques restent un risque haussier, mais sont pour l’instant dominés par les fondamentaux d’offre et de demande.
En bref — Les fondamentaux de marché l’emportent sur les tensions géopolitiques dans la formation des prix pétroliers.
4. Le Royaume-Uni ajoute 427 MW de stockage d’énergie en août 2025
Le secteur britannique du stockage par batteries a complété 427 MW de nouvelle capacité en août, avec notamment le projet Thurrock de 300 MW de Statera, devenu le plus grand du pays.
Analyse — Cette expansion massive du stockage d’énergie britannique (portant la flotte totale à 7,582 MW) illustre l’accélération nécessaire pour accompagner l’intégration des énergies renouvelables intermittentes. Le Royaume-Uni devient ainsi un laboratoire mondial de la flexibilité énergétique.
En bref — Le Royaume-Uni renforce massivement ses capacités de stockage pour soutenir la transition énergétique.
5. Shell abandonne son projet de biocarburants¹ à Rotterdam
Le géant pétrolier Shell a annulé ses plans de construction d’une installation de biocarburants¹ à Rotterdam, révélant les défis persistants de la transition vers les combustibles alternatifs.
Analyse — Cette décision de Shell reflète les difficultés économiques et techniques rencontrées par les majors pétrolières dans leur diversification vers les biocarburants. Les défis incluent la volatilité des matières premières, la compétition avec l’alimentation et la rentabilité encore incertaine de ces filières.
En bref — Les majors pétrolières peinent à concrétiser leurs ambitions dans les biocarburants face aux défis économiques.
6. L’Union européenne approuve cinq nouveaux projets d’énergies renouvelables transfrontaliers
La Commission européenne a ajouté cinq projets d’énergies renouvelables transfrontalières à sa liste officielle, incluant un parc éolien offshore de 1 GW dans la mer Baltique.
Analyse — Ces projets transfrontaliers représentent l’avenir de l’intégration énergétique européenne. Le parc éolien offshore Liivi Bay (Estonie-Lettonie) et le projet MedGen (Algérie-Tunisie-Italie, 10 GW) illustrent comment l’UE diversifie ses sources d’approvisionnement tout en renforçant sa souveraineté énergétique.
En bref — L’Europe accélère son intégration énergétique par des projets renouvelables transfrontaliers stratégiques.
7. Les États-Unis prévoient un record de 64 GW de nouvelle capacité énergétique en 2025
Les développeurs américains planifient l’ajout de 64 GW de capacité électrique en 2025, dont plus de la moitié provenant du solaire, établissant un nouveau record historique.
Analyse — Cette expansion record témoigne de la maturité technologique et économique du solaire américain, particulièrement au Texas qui devient le premier État en capacité solaire. L’accompagnement par le stockage par batteries (5,9 GW au premier semestre) montre la sophistication croissante du système électrique américain.
En bref — Les États-Unis s’apprêtent à battre leur record d’ajouts de capacité énergétique, portés par le solaire.
8. Renaissance nucléaire américaine : politiques et investissements privés convergent
L’énergie nucléaire américaine connaît un regain d’intérêt en 2025 avec des réformes réglementaires, des investissements privés et des projets de réacteurs avancés, notamment pour alimenter les centres de données d’intelligence artificielle².
Source: The National Law Review
Analyse — Cette renaissance nucléaire américaine, soutenue par l’ADVANCE Act et des commandes d’hyperscalers technologiques, répond à la demande croissante d’énergie stable pour l’IA. Les partenariats public-privé et les nouveaux designs de réacteurs modulaires transforment le paysage nucléaire américain après des décennies de stagnation.
En bref — Le nucléaire américain renaît grâce aux besoins énergétiques de l’IA et aux réformes réglementaires.
Perspectives stratégiques
La convergence de facteurs géopolitiques, technologiques et climatiques redéfinit le paysage énergétique mondial. L’OPEC+ adapte sa stratégie face à la montée des énergies renouvelables et de la production non-OPEC, tandis que les investissements records dans les cleantech témoignent d’une accélération de la transition malgré les incertitudes géopolitiques.
L’émergence du stockage d’énergie comme infrastructure critique et la renaissance du nucléaire pour alimenter l’économie numérique illustrent la sophistication croissante des systèmes énergétiques. La prochaine décennie sera déterminante pour savoir si cette dynamique pourra surmonter les résistances géopolitiques et économiques à la transition énergétique.
Pour aller plus loin
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Glossaire de la veille
- Biocarburants¹ : Combustibles liquides dérivés de matières organiques renouvelables, utilisés comme alternative aux carburants fossiles dans les transports.
- Intelligence artificielle² : Technologie informatique simulant l’intelligence humaine, nécessitant une alimentation électrique stable et continue pour les centres de calcul.

